Episode 1: Ordre de mobilisation générale

J’habitais dans le village du Faouët, un village de campagne. J’aimais ce village, j’étais heureux avec ma famille, mes amis. Malgré mes difficultés à l’école…

        Dans ce bourg, tout était calme. Les habitants étaient chaleureux, gentils. Il y avait une forêt non loin de chez moi. Mes amis et moi avions construit une cabane dans un arbre. C’était notre petit refuge à nous.

        Tous les matins, je me rendais à l’école. Ah ! L’école c’est une très longue histoire entre le professeur moustachu et les monstrueuses notes que je ramenais chez moi. Je n’aimais pas l’école mis à part les leçons de morale en début de cours. Elles nous permettaient de connaître : le bien, le mal, nos droits et nos devoirs. Le maître, monsieur Mahébèze nous apprenait les principes de la fraternité. Il était très patriote et aimait la France plus que tout. 

L’instituteur nous disait souvent qu’il pouvait mourir pour elle. Ma citation préférée était : « on est frères en quelque chose et non frères tout court. Le partage n’assure pas la fraternité. Elle se noue dans le seul sacrifice. Elle se noue dans le don commun à plus vaste que soi. » Je l’aimais car elle disait vrai : dans cette citation je ressentais ce que je vivais. Le professeur essayait de m’aider au maximum mais rien n’y faisait, j’avais toujours de mauvaises notes.

        Le 2 août 1914, en rentrant de l’école devant la mairie, rue Victor-Robic je vis une affiche au loin, collée sur les poteaux et les murs… cela m’intrigua. Je l’ai lu, il était écrit : « Avis de mobilisation générale, la France a besoin de vous ». Tous les hommes français devaient aller à la guerre. C’était Raymond Poincaré, le président français, qui avait donné l’ordre de diffuser ses affiches. 

        Une fois chez moi, je vis ma mère en larmes, effondrée. Mon père faisait ses valises. Il partait aider sa patrie, fier et content. Avant de s’en aller il me dit de rester fidèle à mon pays et de ne jamais baisser les bras.

        Le lendemain, mon instituteur n’était plus là. Toute notre classe se dit qu’il était malade, mais moi je savais… je savais qu’il était parti à la guerre…

Affiche « Ordre de mobilisation générale (conservée aux Archives nationales)
Carte postale patriotique éditée durant la Première Guerre mondiale illustrant une allégorie de la Victoire

En quelle année est déclarée la première guerre mondiale ?